Vallon des Hautes-Douces : un site emblématique à préserver

Le terrain de la Fondation de France situé au vallon des Douces (11e). Photo : Rémi Baldy

Situé dans le 11e arrondissement de Marseille, le Vallon des Hautes-Douces constitue l’un des derniers espaces agricoles et naturels structurants en ville. 

Si la majorité des terres de ce secteur ont pu être préservées, par leur classement en zone agricole (A) au PLUi et leur acquisition prochaine par la SAFER, l’avenir d’autres terrains reste incertain. Classés en zone U (urbaine, constructible) et N (naturelle), ces terrains, en partie bâtis et boisés, seront vendus aux enchères le 10 novembre prochain par leur actuelle propriétaire, la Fondation de France.

Tant pour la biodiversité qu’il abrite que pour son potentiel agricole et sa richesse patrimoniale (bastides, restanques, etc.), il est regrettable que ce site ne fasse pas aujourd’hui l’objet de mesures de préservation et de mise en valeur globales et ambitieuses. Il est pourtant au centre de nombreuses attentions, tant citoyennes qu’institutionnelles. Malgré les revendications et initiatives, la lutte contre le morcellement du vallon n’a pas encore abouti.

Les volontés de préservation ont été clairement exprimées par plusieurs collectivités, via des évolutions progressives des documents d’urbanisme – nécessaires mais malheureusement insuffisantes, contraintes par des circuits administratifs chronophages – , mais aussi par un engagement financier de la Ville de Marseille, au service d’un projet global, traduit par une offre d’acquisition de la totalité des lots par la SAFER. Malheureusement, cette offre n’a pas été acceptée par le vendeur, car déposée hors délai.

Côté société civile, le collectif Sauvons le Vallon des Hautes Douces se mobilise, depuis plusieurs mois, pour la préservation de l’intégralité du site, au service d’un projet agro-écologique ambitieux et respectueux du vivant. Plusieurs volontés se croisent donc, souhaitant penser le site dans son entièreté, c’est-à-dire dans une complémentarité entre espaces bâtis, boisés et agricoles.

En moyenne, 197 hectares sont artificialisés chaque année sur le territoire métropolitain. Le foncier non bâti constitue de fait un bien commun en voie de raréfaction, non-renouvelable, pourtant central et nécessaire pour la transition de nos villes. Au sein et à proximité des villes, le maintien d’espaces de pleine terre cohérents et structurants – qu’ils soient sauvages, végétalisés ou cultivés -, est vital : prévention des risques naturels, lutte contre les îlots de chaleur, développement de l’autonomie alimentaire, renforcement de la biodiversité… La nécessité de ces espaces n’est plus à démontrer. 

La Cité de l’agriculture apporte tout son soutien aux acteur.ice.s qui luttent pour la sauvegarde des terres encore libres, et souhaite continuer à travailler auprès de celles et ceux qui œuvrent au développement d’un projet agro-écologique d’ensemble au Vallon des Hautes-Douces.

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