Lancement des protocoles biodiversité à Capri !

©Renata Pires

D’après vous, quel est le point commun entre un pot de moutarde, une planche en bois, Instagram et un slip coton bio ? Et bien c’est… la biodiversité ! 

Depuis le lancement de la Ferme Capri (dans le 15ème arrondissement de la ville de Marseille), la Cité de l’agriculture a pour ambition d’étudier ses impacts sur la biodiversité. 

En 2021, ces analyses se concrétisent à travers la réalisation de plusieurs protocoles scientifiques qui permettront d’une part, de suivre l’évolution de la biodiversité à la ferme et d’autre part, de partager ces résultats à la communauté de citoyen.ne.s et de scientifiques réuni.e.s par divers programmes de sciences participatives ouverts à tou.te.s. À la ferme Capri, plusieurs protocoles et observations vont être mis en place : quatre protocoles issus de l’Observatoire Agricole et la Biodiversité (OAB), un test du slip et la participation à Spipoll. 

Les protocoles de l’OAB

– Le premier protocole permet d’observer la présence de vers de terre dans le sol. En effet, les vers de terre sont de très bons indicateurs de la qualité d’un sol et ont un rôle essentiel dans son bon fonctionnement. La création de galeries par les vers aère le sol, permet un meilleur développement des racines et une meilleure circulation de l’eau. Ils rendent le sol plus fertile par l’ingestion de la matière organique et sa redistribution dans les différents horizons.

Ce travail souterrain réalisé par les vers est bien plus efficace que l’Homme avec sa bêche !

Ver De Terre - Photo gratuite sur Pixabay

Pour réaliser cette observation, trois placettes d’1m2 seront définies dans lesquelles de la moutarde Amora diluée sera épandue. Ce mélange va permettre de faire remonter à la surface les vers de terre pour les compter et les identifier. S’ils sont bien rincés après le prélèvement, ces analyses n’auront pas d’incidences sur la vie des individus. 

L’ensemble du protocole est disponible sur ce lien page 13 – 17. 

– Le deuxième permet d’observer les invertébrés terrestres comme les mollusques et les carabes. L’escargot est par exemple considéré comme un bio-indicateur de la qualité des sols et de la pression des pollutions sur les populations. Les carabes quant à eux sont des auxiliaires de cultures majeurs (en mangeant par exemple les œufs des limaces qui pourraient abîmer les cultures). Leur présence est importante pour limiter la pression des ravageurs sur les productions. 

Carabes Insectes Nature - Photo gratuite sur Pixabay

Pour les observer, trois planches de peuplier seront disposées à différents endroits stratégiques et représentatifs de Capri. Tous les mois, les planches seront retournées pour pouvoir compter les carabes, mollusques et autres animaux (cloportes, fourmis, amphibiens, …) qui se seraient abrités sous la planche. 

L’ensemble du protocole est disponible sur ce lien page 18 – 23. 

– Le troisième protocole vise à observer les pollinisateurs et notamment les abeilles solitaires. Elles sont un maillon important de pollinisation et chacune joue un rôle différent. Certaines sont plus ou moins actives selon les températures, d’autres vont polliniser seulement certaines plantes. C’est la diversité des espèces qui permet de rendre efficace la pollinisation de l’ensemble de la flore.

 Osmie ou Abeille Maçonne | Nous connaissons bien sur l'abeil… | Flickr

Sur Capri, deux nichoirs vont être créés à l’aide de tubes en carton dans lesquels les pollinisateurs pourront s’installer. Le nombre de tubes occupés sera noté au moins une fois par mois et indiquera la présence d’un ou plusieurs individus.

L’ensemble du protocole est disponible sur ce lien page 24 – 29.

– Enfin, le dernier protocole de l’OAB permet d’observer les papillons présents sur le site. Les papillons sont aussi des pollinisateurs et sont des bio-indicateurs de la qualité d’un environnement (air, présence de flore diverses, …).

Papillon Insectes Scarabée - Photo gratuite sur Pixabay

Sur Capri les observations seront réalisées trois à cinq fois par an sur des transects (lignes virtuelles) de 100 à 300 mètres de longueur et durant 10 minutes. Pendant ce laps de temps, l’observateur devra compter et identifier si possible les différents papillons présents. 

L’ensemble du protocole est disponible sur ce lien page 30 – 34. 

Ces protocoles d’observations doivent être rigoureusement appliqués pour avoir des résultats homogènes et comparables, ils restent toutefois réalisables par tou.te.s et bénéficieront à un plus grand ensemble ! Si vous êtes agriculteur.ice vous pouvez y prendre part en réalisant un ou plusieurs de ces protocoles et en partageant vos résultats sur le site de l’OAB (http://observatoire-agricole-biodiversite.fr/).

En tant que particulier, votre participation est aussi importante et des protocoles similaires à ceux de l’OAB sont disponibles avec Jardibiodiv’.

Le test du Slip 

Le test du slip est un test approuvé par la communauté scientifique qui a un fort potentiel didactique. C’est un test aujourd’hui largement répandu dans le milieu agricole et privé. 

Il consiste à enterrer plusieurs slips à différents endroits de la parcelle pour étudier l’activité biologique du sol. Cela déterminera en partie la santé du sol. Les slips restent sous terre entre 1 et 3 mois. Passé cette période, les slips sont déterrés afin d’analyser leur état de décomposition. Généralement une forte décomposition du slip démontre une activité biologique intense. C’est-à-dire que l’ensemble des mécanismes du sol participent à son bon fonctionnement et notamment à la décomposition de la matière organique (micro-organismes, …).

Plus le slip est décomposé, plus le sol est sain.

Sur la ferme de Capri, 4 slips seront enterrés à différents endroits de la parcelle. 

Pour réaliser ce test, il faut :

  • Un slip 100 % coton et BIO
  • L’enterrer 1 à 3 mois minimum à 15 cm de profondeur
  • Et au moment de le déterrer, apprécier l’odeur et la couleur avant de le laisser sécher 

Ce test simple à réaliser pourrait être une manière amusante d’étudier l’état de vos sols ! N’hésitez pas à réaliser vos propres tests ! 

Spipoll 

Enfin, la Cité de l’agriculture continue de s’engager dans le domaine des sciences participatives en participant au projet Spipoll. L’objectif est d’étudier (et si possible de photographier) la présence d’insectes pendant 20 minutes sur une fleur définie au préalable. Ensuite, les espèces pourront être identifiées par la communauté spipollienne, dont des experts naturalistes. Ces résultats permettent de réaliser des inventaires faunistiques et d’en apprendre plus sur les insectes qui vous entourent.

 Image libre: nature, coccinelle, insecte, macro, coccinelle, arthropodes,  invertébrés

Sur Capri, des relevés seront régulièrement réalisés pour alimenter les bases de données et en apprendre plus sur les individus présents sur la ferme. 

Si vous voulez faire partie de cette communauté et partager vos découvertes en suivant le protocole d’identification, rendez-vous sur https://www.spipoll.org/.

Les protocoles et résultats réalisés sur Capri feront l’objet d’autres articles au cours des prochains mois ! 

Hugo Ledoux et Milla Pham Le

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