Reprise agricole : premières étapes de la mise en culture d’un délaissé urbain

Ces derniers mois, le terrain de la future ferme de la Cité de l’agriculture a bien évolué ! La petite friche urbaine aux herbes hautes et folles a vu défiler une danse de tractopelles, de terre et de fumier…
Que s’est-il donc passé ?
Plongée dans le passé, retour sur le terrassement et petit aperçu des travaux à venir !

 

Un paysage de culture

Dans les années 70, le paysage d’un petit terrain du quartier de la Delorme s’est vu remanié : une butte, surmontée d’une partie plane, a été créée. Le sol, cultivé jusque dans les années 50, avait déjà été bouleversé puis délaissé par la création d’une voie rapide devenue L2. En 2018, suite à des travaux de réseau, le sol d’une partie de la friche fut excavé puis étalé, inversant alors l’ordre des horizons de sol.

En octobre 2019, la Cité de l’agriculture, animée par l’ambition d’approfondir l’ancrage de projets agroécologiques dans le nord de Marseille, obtient un bail avec la Ville pour une durée minimum de 10 ans. Son idée ? Rénover la fonction agricole de cette petite friche en y développant un projet de ferme urbaine en agroécologie !

Un terrassement a donc été nécessaire pour déplacer les déblais de terres inertes qui avaient été déposés sur le site en 2018. Terrasser un terrain, c’est déplacer des quantités importantes de matériaux (sols, roches, sous-produits…) pour redéfinir son paysage.


Historique : quelques prises de vues aériennes. Source : IGN

 

Haies et restanques

En juillet 2019, La Cité de l’agri a réalisé un curage du dépôt de terre inerte pour « libérer » le sol non remanié de cette couche de glaise. Elle a profité de cette terre pour façonner des clôtures-talus qui seront plantés d’une haie défensive pour la partie longeant la rue. L’ensemble des abords du site sera lui aussi planté d’une haie diversifiée qui assurera le rôle de brise-vent, de refuge pour la biodiversité et bien sûr de dépollution de l’air !

Le terrassement et la mise en place de restanques, 2020.

Trois grandes restanques en terre ont aussi été façonnées : elles permettent d’articuler les niveaux existants, d’imaginer des terrasses de culture, tout en plaçant la démarche agricole de la Cité de l’agriculture dans une tradition provençale patrimoniale précieuse : la culture en restanques !

Le Conservatoire des Restanques, projet de l’association Colinéo, préserve et 
transmet la tradition provençale de culture en restanques, dans le Nord de Marseille.
Source : Marsactu / Pour en savoir plus : cliquez ici.

Les déblais, terrain de la Cité de l’agriculture, 2018.

Toute la terre a été utilisée pour refaçonner ce paysage de culture. Aucun export n’a été réalisé. Le rêve, à terme, est de transformer les pentes des restanques en murs en pierre-sèche afin de retrouver cette particularité maçonnée de nos paysages cultivés !

 

Redynamiser la terre

Essai de sol à la tarière, la Cité de l’agriculture, 2020.  

Après le façonnage d’un paysage de culture, la prochaine étape est de redynamiser la terre et de la nourrir !

En effet, pendant plus de 60 ans, le terrain était fauché plusieurs fois par an et ses débris de fauche étaient exportés. Le sol a été exposé aux rayons brûlants du soleil et soumis au dessèchement du Mistral et de la Tramontane. Ce qui a provoqué son tassement et son appauvrissement.
La première chose à faire consistait donc à réaliser un sous-solage de l’ensemble du terrain.

Un sous-solage est une action mécanique qui consiste à décompacter le sol en profondeur grâce au passage d’une lame entre 60 et 80 cm de la surface.

Cette technique est recommandée en agriculture agroécologique car elle ne retourne pas les éléments du sol comme le fait le labourage, et améliore ainsi sa perméabilité !

 

En conclusion, le sous-solage, l’épandage de fumier, du compost de branchage, du mulch et de paillis, la plantation d’engrais vert sans oublier l’amour donné au sol par la maraîchère vont permettre de recréer une litière, d’améliorer l’infiltration de l’eau et de favoriser la vie du sol.  Ce sont les prochaines étapes à venir !

 

Maëlle Thueux,
Chargée de projet en agriculture

 

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