Terres Communes – Programmation

 


Cinq jours d’école buissonnière, à la Friche la Belle de mai et alentours.
Événement facebook

Illustration de Poule

À l’occasion de sa venue à Marseille, l’exposition de Sébastien Marot « TAKING THE COUNTRY’S SIDE | Prendre la clef des champs » ouvre un nouveau chapitre sur les biorégions. 

En écho à cette proposition, nous vous proposons d’engager une vaste discussion sur l’avenir de nos territoires métropolitains.

Réhabiter Marseille ?

— Agriculture, Architecture et Biorégion —

Au fil de cinq journées thématiques, un programme de rencontres, d’interventions, d’ateliers et de marches, pour penser les terres communes de demain.

Jour 1 – lundi 24 avril

Nourrir la ville

Subsistance alimentaire et métropole

en présence de Carolyn Steel

Jour 2 – mardi 25 avril

Dessiner une biorégion

Le territoire, entre poétique et politique

en présence de Daniela Poli

Jour 3 – mercredi 26 avril

Organiser les communs

Pratiques collectives et questions foncières

en présence d’Isabelle Stengers

Jour 4 – jeudi 27 avril

Concevoir d’autres mondes

Fin de l’urbanisme et projet rural ?

en présence de Pierre Janin

Jour 5 – vendredi 28 avril

Agir en territoire marseillais

Arpentages et conversations hors-les-murs

Projection au Gyptis de Nul homme n’est une île, de Dominique Marchais

Déroulement

« Si le sol devient notre terrain d’entente, le dialogue collectif (humain et non humain) va pouvoir recommencer. »

– Gary Snyder

Qu’est-ce qu’une école buissonnière en temps de bouleversement climatique ?

Après avoir entamé un tour de l’Europe, l’exposition itinérante de Sébastien Marot « Taking the Country’s Side | Prendre la clef des champs » nous fait l’honneur de sa venue à Marseille, augmentée d’un chapitre inédit sur les biorégions.

À cette occasion, et pour prolonger collectivement la réflexion, la Cité de l’agriculture et le Bureau des guides du GR2013 organisent cinq jours d’école buissonnière, en partenariat avec un réseau d’acteurs et d’actrices du territoire élargi de Marseille et sa métropole.

Que pourront être les villes de demain ? Comment créer des autonomies alimentaires dans nos métropoles, et concilier agriculture et urbanisme ? Qu’est-ce qu’une approche écocentrée des territoires urbains ? Pourquoi et comment remettre de la poésie à l’intérieur des politiques territoriales ? Quels leviers pour une réappropriation collective du foncier ?

Croisant agriculture, architecture et biorégion, le programme de la semaine « Terres communes » ouvrira plusieurs pistes autour d’une grande question : que voudrait dire « réhabiter Marseille » ?

Au cours de cinq journées thématiques, professionnel·les de l’aménagement, chercheur·ses, élu·es, associations, habitant·es, producteur·ices et étudiant·es débattront ensemble des questions de subsistance, de territoires, d’urbanisme, de communs et d’engagement.

Retrouvez-nous toute la semaine pour une programmation conviviale et éclectique, associant visites commentées, conférences, tables-rondes, ateliers, plateaux radio, marché, repas, projections, concerts, jeu de rôle, événements jeune public, arpentages…

Les réflexions du matin nourriront les applications concrètes au territoire marseillais, pour confronter savoirs et pratiques, et co-construire des outils prospectifs, pédagogiques et politiques. Dès vendredi, la discussion se prolongera hors-les-murs, à la rencontre des acteurs et actrices qui, sur le terrain, participent aujourd’hui à une profonde reconfiguration écologique et sociale du territoire.

Ensemble, refaisons terres communes.

en partenariat avec Opera Mundi et l’ENSA Marseille
 

17:00 — une visite de l’exposition est organisée avec Sébastien Marot, curateur et les conférenciers de la soirée
(inscriptions)

Sébastien Marot, philosophe de formation, est professeur HDR en histoire et culture architecturale à l’École d’architecture de la ville & des territoires Paris-Est, dont il est l’un des membres fondateurs. Il est aussi professeur invité à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, où il enseigne l’histoire de l’environnement. Délégué général de la Société française des architectes de 1986 à 2002, il est notamment l’auteur de L’Art de la mémoire, le territoire et l’architecture (Éditions de La Villette, 2010). Sébastien Marot est le commissaire de l’exposition itinérante « Taking the Country’s Side », produite dans le cadre de la Triennale d’architecture de Lisbonne en 2019, et présentée actuellement à la Friche la Belle de Mai, jusqu’au 21 mai 2023.

(inscriptions)

La façon dont on aménage le territoire engage notre façon d’être au monde. Loin de se réduire à la création de réseaux et d’équipements, l’aménagement met en jeu des choix éthiques et politiques, dans la relation aux autres et aux milieux.
Quel sens donner alors aux mutations en cours pour les territoires ? À l’heure des politiques territoriales néolibérales, quelle société peut-on espérer voir advenir au sein des masses urbaines standardisées ? Quels territoires façonnerons-nous, et à partir de quel idéal collectif ?
Un large champ de questionnements est d’ores et déjà mis en œuvre pour définir des outils de réflexion et des moyens d’action à destination des professionnel·les de l’aménagement et des décisionnaires. L’enjeu : intégrer dans les politiques territoriales une éthique de la relation.

Valérie Jousseaume
est géographe ruraliste, maîtresse de conférences HDR à l’Institut de géographie et d’aménagement de l’université de Nantes et membre de l’équipe CNRS « Espaces et Sociétés ». Elle produit par ailleurs des conférences dans la France entière auprès des collectivités et acteurs des territoires, visant à la construction collective d’un récit et à l’invention d’une société en transition. Elle a récemment publié Un nouveau récit pour les campagnes : « Plouc Pride » (L’Aube, 2023).

 

Le lien entre agriculture et architecture, nées conjointement durant la révolution néolithique, n’est pas seulement culturel. Il renvoie aussi, plus substantiellement, à la relation entre ville et campagne. Derrière toute ville, il y a des forêts et des campagnes ; derrière toute campagne, des écosystèmes passés, présents et à venir.
La ville est aujourd’hui un lieu de pure consommation de biomasse produite ailleurs. Son métabolisme se maintient par un flux constant de nourriture, de bois, de chanvre, de coton, de laine, de biomasse fossile (charbon, gaz, pétrole).
Des ruptures technologiques peuvent-elles faire émerger une ville fermant ses flux ? Une ville-biosphère ? Rien n’est moins sûr et rien ne semble aller dans ce sens. La décision du gouvernement indonésien de déplacer la capitale de Jakarta, mégalopole devenue invivable, à Nusantara, ville futuriste au milieu des forêts tropicales de Bornéo, est-elle une métaphore dystopique de notre futur ?

 

20h00 — Apero Mundi : temps de débat et de discussion avec le public, en présence de Valérie Jousseaume, Matthieu Calame et Sébastien Marot.

Matthieu Calame est agronome. Il a présidé de 2001 à 2004 l’Institut d’agriculture biologique (ITAB). Il dirige aujourd’hui la Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l’Homme. Cette fondation suisse appuie des organisations et mouvements de la société civile qui mènent des plaidoyers pour une transition sociale juste. Elle est présente à la fois sur les questions agricoles et alimentaires, sur les modèles énergétiques, la participation, les médias alternatifs et la défense de l’espace d’action de la société civile.

« Sachant que les villes consomment déjà 75% des ressources alimentaires et énergétiques de la planète, nul besoin d’être un génie en mathématiques pour comprendre que incessamment sous peu, le compte n’y sera plus. » (Carolyn Steel, Le ventre des villes, 2008)

Coordination : Alexandre Field / Sophia Djitli

Un éclairage sur les questions de subsistance, de souveraineté alimentaire et de ravitaillement des villes.

09h00-10h00 : Visite commentée de l’exposition avec Carolyn Steel et Sébastien Marot. (inscriptions)

Salle SEITA
10h30 : Villes et campagnes, de qui prendre le parti ?
Une conversation entre Sébastien Marot et Carolyn Steel.
Les bouleversements écologiques actuels exigent de repenser la ville moderne et ses relations avec les campagnes. Nés conjointement durant la révolution néolithique mais aujourd’hui profondément déconnectés, urbanisme et agriculture peuvent-ils à nouveau s’allier ? Beaucoup misent de nos jours sur une métropolisation vertueuse, qui épargnerait les campagnes grâce à la concentration de la population et aux innovations technologiques. D’autres soutiennent des modèles métropolitains hybrides qui intégreraient l’agriculture dans les projets urbains. D’autres encore valorisent les tissus urbains existants comme des territoires vivants au sein desquels friches, talus, toits et sous-sols n’attendent que d’être cultivés. Certain·es, enfin, soulèvent une question : et si l’horizon le plus viable face aux villes était de faire sécession ? Entre écomodernisme, urbanisme agricole, agriculture urbaine et rupture d’avec le modèle métropolitain, comment s’orienter ? Villes et campagnes peuvent-elles durablement coexister, voire s’hybrider, ou nous faut-il faire un choix, et lequel ?
(inscriptions)

Les bouleversements écologiques actuels exigent de repenser la relation ville/campagne. Beaucoup misent sur une métropolisation vertueuse, qui épargnerait les campagnes grâce à la concentration de la population et aux technologies. D’autres soutiennent des modèles métropolitains hybrides, qui intégreraient l’agriculture dans le maillage urbain. D’autres encore valorisent les tissus urbains existants comme des territoires vivants, au sein desquels friches, talus, toits et sous-sols n’attendent que d’être cultivés. Certain·es, enfin, soulèvent une question : et si l’horizon le plus viable était de faire sécession ?
Entre écomodernisme, urbanisme agricole, agriculture urbaine et rupture d’avec le modèle métropolitain, comment s’orienter ? Villes et campagnes peuvent-elles durablement coexister, ou nous faut-il faire un choix, et lequel ?

12h00 : Recettes d’agriculture urbaine à la carte du restaurant les grandes Tables & de la Salle des Machines

> Du lundi 24 au dimanche 30 avril au restaurant :
Les grandes Tables : Exposition “Du territoire à l’assiette” Une installation d’images et de cartes montrant les espaces agricoles du territoire, avec : des cartographies réalisées par les étudiants de l’ENSA-M dans le cadre de l’Atlas Métropolitain, ainsi qu’une sélection d’images issues du reportage d’Edwige Lamy sur les fermes urbaines marseillaises, des travaux de Geoffroy Mathieu sur l’agriculture périurbaine, du fonds photographique du Mucem et de l’Inventaire.

Salle SEITA
14h-15h30 : Marseille, territoire nourricier ?
Reprise de la discussion avec les invité·s de la journée, avec les éclairages de Marc Alphandéry, Laura Centemeri et Jean-Noël Consalès
Modération : Émilie Laystary
(inscriptions)

Dans les années 1950, Marseille était encore autosuffisante en fruits et légumes. Aujourd’hui, l’autonomie alimentaire de la ville ne serait plus que de deux jours, alors que la métropole Aix-Marseille exporte 90 % de ce que qu’elle produit et importe 90 % de ce qu’elle consomme.
Des hauteurs des Aygalades au Roy d’Espagne, habitant·es, associations et professionnel·les s’activent depuis plusieurs années pour ensemencer friches et talus, multiplier les jardins partagés et faire éclore des fermes, afin de regagner en autonomie. Un an après le lancement, par le Département et la Métropole, d’un plan d’action en faveur de la souveraineté alimentaire, où en est-on ? Comment se défend le foncier agricole face à la spéculation immobilière ? Quid de la qualité des sols ? Et quelle résilience alimentaire dans la perspective des crises à venir ? État des lieux de la recomposition agricole du territoire phocéen.

Grandes Tables

16h00-21h00 : Grand marché des Terres communes, organisé par les Grandes Tables avec la Cité de l’agriculture.

16h00-17h30 : Comment ravitailler Marseille ?
Une conversation avec l’assemblée de productrices et producteurs locaux et de représentant·es du réseau de l’agriculture urbaine réunie à l’occasion du grand marché.
Un plateau radio proposé par Radio Grenouille et les Grandes Tables.
Modération : Cité de l’agriculture

Halles, marchés, épiceries paysannes, AMAP, paniers solidaires, vente à la ferme… : face à la grande distribution, producteur·ices, associations et commerçant·es continuent de s’organiser pour développer et pérenniser la vente directe et les circuits courts, après leur succès durant la crise du Covid. Dans une des villes les plus inégalitaires de l’Hexagone, l’enjeu est surtout d’assurer à toutes et tous l’accès à une alimentation de qualité.
Comment se fédèrent aujourd’hui ces différents acteurs et actrices du territoire marseillais pour renforcer le réseau local d’approvisionnement ? Quelles solutions pour garantir à la fois une juste rémunération des producteur·ices et l’accessibilité des produits au plus grand nombre ?

18h00-19h00 : Villes et campagnes : comment alimenter les villes ?
Retours sur les échanges de la journée, avec la participation de : Sébastien Marot, Carolyn Steel, J. Olu Baiyewu, Emmanuel Perrodin, Laure Gaillard et leurs invité·es… Un plateau radio proposé par Radio Grenouille et les Grandes Tables.
Modération : Pierre Psaltis

La population urbaine mondiale devrait augmenter de quelque 2,2 milliards de personnes d’ici 2050, selon les Nations unies. Dans un contexte croissant de bouleversement climatique, de volatilité des prix et d’accès inégal à l’alimentation, nourrir sainement et durablement les villes de demain apparaît comme un véritable défi.
À l’heure où les haricots verts du Kenya concurrencent ceux de Bretagne sur les étals de nos marchés et supermarchés, le ventre des villes peut-il encore renouer avec l’agriculture périurbaine, sans exercer une pression destructrice sur les campagnes pourvoyeuses ? Et que peut l’agriculture urbaine pour l’autonomie alimentaire des citadins et citadines ?
Dans la plupart des métropoles, des réseaux de partenaires, dont les élu·es, se mobilisent pour recomposer le rapport villes/campagnes, en conciliant sécurité alimentaire et enjeux écologiques. Entre spécificités locales et enseignements à l’échelle mondiale, quel avenir se dessine pour l’alimentation urbaine ?

19h00-21h00 : Les grandes Carrioles cuisinent le grand Marché. Propositions culinaires avec les produits issus de l’agriculture et de la production urbaine.

Laure Gaillard est cheffe du service Alimentation durable, économie agricole et innovation à la Métropole Aix-Marseille-Provence. Elle a notamment participé à l’élaboration et la mise en œuvre opérationnelle du Projet alimentaire territorial à l’échelle des Bouches-du-Rhône, dont l’objectif est de construire une gouvernance alimentaire permettant de rapprocher la production et la consommation locales sur les plans économique, environnemental et social.

Sébastien Marot, philosophe de formation, est professeur HDR en histoire et culture architecturale à l’École d’architecture de la ville & des territoires Paris-Est, dont il est l’un des membres fondateurs. Il est aussi professeur invité à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, où il enseigne l’histoire de l’environnement. Délégué général de la Société française des architectes de 1986 à 2002, il est notamment l’auteur de L’Art de la mémoire, le territoire et l’architecture (Éditions de La Villette, 2010). Sébastien Marot est le commissaire de l’exposition itinérante « Taking the Country’s Side », produite dans le cadre de la Triennale d’architecture de Lisbonne en 2019, et présentée actuellement à la Friche la Belle de Mai, jusqu’au 21 mai 2023.
J. Olu Baiyewu est chargé de l’agriculture urbaine pour la Ville d’Atlanta (États-Unis). Après des études au Morehouse College, il a commencé sa carrière d’entrepreneur avec ThePopShop, une entreprise de boissons glacées produites à partir d’ingrédients d’origine locale. Ses entreprises suivantes se sont également concentrées sur l’amélioration de l’accès à une alimentation saine et de qualité. J. Olu Baiyewu est invité par la Friche la Belle de Mai dans le cadre du programme de coopération CITY CITÉ, en partenariat avec la Villa Albertine.
Emmanuel Perrodin, historien de formation, s’est lancé dans la cuisine à l’âge de 30 ans. D’abord au Péron, institution de la bouillabaisse à Marseille, puis en tant que chef du Relais 50 sur le Vieux-Port de la cité phocéenne. En 2015, il décide de troquer les fourneaux pour aller explorer, lors de performances confidentielles ou d’agapes populaires, les liens qui se tissent entre la cuisine, les arts, les paysages et l’esprit des territoires. Cofondateur d’Œuvres culinaires originales, ancien président du Conservatoire international des cuisines méditerranéennes et membre de Gourméditerranée, il travaille aujourd’hui en itinérance.
Pierre Psaltis est journaliste depuis 1993, spécialisé en restauration et hôtellerie. Critique culinaire pour plusieurs grands titres de la presse écrite (La Provence, Midi libre, Le Courrier de l’Ouest), il fut aussi correspondant à Marseille pour le Guide Lebey. Il a fondé en 2014 le blog Le Grand Pastis, sillonnant la Provence gourmande à la recherche des meilleurs tables, produits artisanaux, recettes et vins. Également consultant, il accompagne les investisseurs et les entrepreneurs du secteur de la restauration.

Carolyn Steel est une architecte, professeure, conférencière et autrice britannique. En 1998, elle est devenue la première studio director du Cities Programme de la London School of Economics. Depuis les années 2000, elle est reconnue comme une penseuse de premier plan sur la relation entre alimentation et villes, donnant de nombreuses conférences dans le monde entier, notamment à l’Université des sciences gastronomiques de Pollenzo (Italie) et à la Harvard Graduate School of Architecture. De 2010 à 2013, Carolyn Steel a été maîtresse de conférences et chercheuse invitée au département de sociologie rurale de l’université de Wageningen (Pays-Bas). Elle est notamment l’autrice de Sitopia : comment la nourriture sauvera le monde et de Le Ventre des villes : comment l’alimentation façonne nos vies (Rue de l’échiquier, 2021). https://www.carolynsteel.com

Marc Alphandéry est le cofondateur de la première AMAP (2001), d’Alliance Provence (2001) et du Miramap (2010). Il est, depuis 2019, co-responsable du pôle « Agriculture et alimentation durables » du Labo de l’ESS, une association d’intérêt général qui s’appuie sur une grande
diversité d’acteurs et d’actrices pour produire et diffuser des travaux innovants sur l’économie sociale et solidaire. Il a participé à la création du supermarché coopératif et participatif Super Cafoutch à Marseille, et est l’auteur de « Des AMAP aux supermarchés coopératifs » dans l’ouvrage collectif L’Économie solidaire en mouvement (Érès, 2022).

Laura Centemeri est chargée de recherche au CNRS en sociologie de l’environnement et membre du Centre d’étude des mouvements sociaux (CEMS) de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS, Paris). Ses thèmes de recherche comprennent la sociologie et l’histoire des
mouvements environnementaux en Italie, les mouvements agroécologiques et la transition écologique de l’agriculture, la sociologie des dispositifs de réparation et de préparation aux désastres environnementaux. Elle est notamment l’autrice de La Permaculture ou l’art de réhabiter (Quae, 2019) et a codirigé, avec Xavier Daumalin, l’ouvrage Pollutions industrielles et espaces méditerranéens : XVIII-XXI siècle (Karthala, 2015).

Jean-Noël Consalès est docteur en géographie et en aménagement du territoire depuis 2004. Il est l’auteur d’une thèse intitulée « Les jardins familiaux à Marseille, Gênes et Barcelone : laboratoires territoriaux de l’agriculture urbaine dans l’Arc méditerranéen ». Depuis 2005, il est maître de conférences à Aix-Marseille Université (UMR TELEMMe). Ses travaux de recherches portent sur les relations ville/nature et sur la mobilisation de la nature dans les projets d’aménagement du territoire, d’urbanisme et de paysage, à différentes échelles territoriales. Ils se fondent sur quatre champs : les sciences du paysage, la planification et l’urbanisme paysagers, l’agriculture urbaine et le jardinisme. Il a participé à de nombreux programmes de recherche sur la nature en ville (trame verte et bleue, agriculture urbaine, sols urbains) et co-dirige le parcours de master « Projet de paysage, aménagement et urbanisme » de l’Institut d’urbanisme et d’aménagement régional (AMU).

Émilie Laystary est journaliste société. Elle écrit pour Libération et anime le podcast Bouffons (produit par Nouvelles Écoutes), qui décortique nos manières de vivre au prisme de l’alimentation. Récemment, elle a sorti son premier livre, le Petit Traité de la bouffe
(Marabout, 2022), pensé comme une introduction aux food studies.

« Le lieu dans lequel vous vivez est vivant, et vous faites partie de sa vie. Quelles sont alors vos obligations à son sujet, quelle est votre responsabilité vis-à-vis du fait que ce lieu vous accueille et vous nourrit ? » (Peter Berg, 1986)

En revenant sur le concept de Biorégion, pourquoi, avec qui et comment dessiner ces territoires ?

Coordination : Marin Schaffner

9h-10h : Visite commentée de l’exposition avec Daniela Poli et Sébastien Marot.
(inscriptions)

Salle SEITA
10h30 :
A partir de quelles villes faire des biorégions ?
Une conversation entre Sébastien Marot et Daniela Poli.

Nous réancrer, en symbiose avec les écosystèmes, dans des lieux de vie partagés : c’est ce à quoi nous invite le biorégionalisme. Partant de là, peut-on imaginer habiter un milieu urbain de façon biorégionale ? Plus encore, peut-on envisager que des métropoles, des mégapoles puissent s’intégrer dans des biorégions ?
Soucieux de la diversité écologique et culturelle des territoires, le paradigme biorégional semble difficilement pouvoir s’accommoder d’espaces artificiels, standardisés et saturés, pour certains hauts lieux de la mondialisation capitaliste.
Quel urbanisme et quelle architecture le biorégionalisme encourage-t-il alors ? Quelle serait la taille idéale d’une ville ? Et quid de la densité urbaine, souvent vantée pour ses vertus écologiques ? Invitant aussi à repenser l’autonomie alimentaire et énergétique des villes, et même leur mode de gouvernance, la vision biorégionale ne pointerait-elle pas, in fine, vers des formes de désurbanisation ?


(inscriptions)

12h00 : Recettes d’agriculture urbaine à la carte du restaurant les grandes Tables & de la Salle des Machines

> Du lundi 24 au dimanche 30 avril au restaurant :
Les grandes Tables : Exposition “Du territoire à l’assiette” Une installation d’images et de cartes montrant les espaces agricoles du territoire, avec : des cartographies réalisées par les étudiants de l’ENSA-M dans le cadre de l’Atlas Métropolitain, ainsi qu’une sélection d’images issues du reportage d’Edwige Lamy sur les fermes urbaines marseillaises, des travaux de Geoffroy Mathieu sur l’agriculture périurbaine, du fonds photographique du Mucem et de l’Inventaire.

> 15h00-16h30 et 16h30-18h00 au restaurant : Atelier avec L’école comestible
Enfants 7 à 14 ans ; Autour des légumes et des épices. Comment égayer une assiette de légumes de saison avec une poignée de condiments ? Avec la cheffe Zuri Camille de Souza et l’association L’école comestible Provence, qui œuvre pour faire entrer l’éducation alimentaire dans les programmes scolaires. 2 séances.
(inscription 15h00) | (inscription 16h30)

Salle SEITA
14h-15h30 :
Une biorégion, ça s’arpente !
En présence de : Odile Jacquemin (Maltae), le collectif des Gammares, l’atelier Marée et Rémi Grisal.

Dessiner une biorégion n’est pas qu’un simple exercice cartographique. Encore moins une réflexion surplombante et abstraite. C’est avant tout expérimenter le territoire et se lier à celles et ceux – humains et autres qu’humains – qui l’habitent et le façonnent. Autrement dit : repartir du sens des lieux, y remobiliser les imaginaires collectifs, observer les interdépendances, afin de prendre soin des êtres et des milieux de vie.
Du delta du Rhône au parc des Calanques, de la Durance à la Méditerranée, des actrices et acteurs locaux nous racontent, chacun·e à leur manière, les façons potentiellement biorégionales qu’ils et elles ont d’arpenter le territoire marseillais et ses alentours.

16h-17h30 : Quels contours pour une future biorégion marseillaise ?
Quel chemin parcourt l’eau qui coule de nos robinets ? Quel est le profil des sols qui nous portent ? Quelles fleurs et quels oiseaux observons-nous en premier ici au printemps ? Bassins-versants, reliefs, géologie, faune et flore, cultures locales sont autant de critères qui participent à la reconnaissance de l’identité et des contours d’une biorégion – portion unique de la biosphère.
Mais la biorégion n’est pas seulement une réalité physique, un donné : en tant qu’entité vivante et vivifiante, riche d’une longue histoire, elle se construit à travers l’habiter et la relation. Elle repose sur un récit partagé et des désirs communs.
Comment pourrions-nous alors réhabiter Marseille ? À quels espaces la reconnecter, et à partir de quelles aspirations ? Cet atelier de création graphique vous invite à la production collective d’une série de représentations, à différentes échelles et perspectives, de ce que pourrait être une transformation écocentrée du territoire.

(inscriptions)

20h00-23h00 :  Gufo x les Grandes Tables
Repas en Croûte (terrestre) par Gufo
Gufo est un collectif né, en 2020 à Marseille, du désir de questionner nos moyens d’action et de subsistance individuels et collectifs. Il propose des temps de discussions et d’échanges d’expériences au cours de repas communs, moments privilégiés du partage et de la convivialité. Il développe ses recherches autour du pain et de sa fabrication, aliment vital et symbolique du partage. Pour “Terres Communes” Gufo est accueilli en résidence aux grandes Tables où il
conçoit et réalise un menu autour de la croûte. Gage de saveur, de surprise et de protection, une évocation de notre précieuse et fragile croûte terrestre nourricière…
Réservations : 04 95 04 95 85

PRÉSENTATION DES INTERVENANT·ES

Le collectif des Gammares, né en 2019, propose des actions communes en vue de participer à la restauration écologique du fleuve côtier Aygalades-Caravelle à Marseille. Réunissant des structures, des habitant·es et des artistes, le collectif souhaite favoriser un meilleur partage des connaissances et relier les initiatives et les territoires du bassin-versant. Gufo est une entité polymorphe fondée en 2020, à Marseille, qui place en son centre l’acte nécessaire de manger afin de vivre, créer et fêter. Gufo désire questionner nos moyens d’actions et de subsistance individuels et collectifs, nos conditions économiques et contextuelles, nos énergies nécessaires et nos dépenses inhérentes.

L’atelier MARE (Méditerranée Architecture Recherche Expérimentation) est une structure associative transdisciplinaire qui agit pour la mise en valeur des paysages, matériaux et savoir-faire constructifs méditerranéens, en réponse aux enjeux écologiques du territoire.
Créée en 2021, elle réunit des architectes, paysagistes, photographes, menuisièr·es et ingénieur·es autour de projets de recherche, d’expérimentation, de conception et de pédagogie, de l’échelle de l’objet à celle du territoire. Implantée entre Arles et Marseille, elle concentre son travail sur les espaces naturels de la Crau, la Camargue et les Alpilles.

Rémi Grisal est doctorant en histoire contemporaine à Aix-Marseille Université, dans le laboratoire TELEMMe. La thèse qu’il prépare sous la direction de Xavier Daumalin et Grégory Quenet vise à écrire une histoire environnementale de l’agriculture dans le terroir marseillais au XIX e  siècle. Elle s’intitule « Les mondes de l’élevage-maraîchage à Marseille : une histoire organique du terroir communal (1817-1896) ».

Odile Jacquemin est historienne de l’urbanisme et architecte. Elle a fondé en 1995 l’association Mémoire à lire, territoire à l’écoute (MALTAE), dont le siège est situé à Hyères. Cette structure entend contribuer à la mise en valeur culturelle de l’architecture, de
l’urbanisme, de l’agriculture, du paysage et de l’environnement, dans une filiation à l’éducation populaire, un souci de mise en œuvre d’intelligence collective et une inscription dans le cadre de l’économie sociale et solidaire.

Sébastien Marot, philosophe de formation, est professeur HDR en histoire et culture architecturales à l’École d’architecture de la ville & des territoires Paris-Est, dont il est l’un des membres fondateurs. Il est aussi professeur invité à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, où il enseigne l’histoire de l’environnement. Délégué général de la Société française des architectes de 1986 à 2002, il est notamment l’auteur de L’Art de la mémoire, le territoire et l’architecture (Éditions de La Villette, 2010). Sébastien Marot est le commissaire de l’exposition itinérante « Taking the Country’s Side », produite dans le cadre de la Triennale
d’architecture de Lisbonne en 2019, et présentée actuellement à la Friche la Belle de Mai, jusqu’au 21 mai 2023.

Daniela Poli est professeure à l’université de Florence, où elle enseigne l’analyse et la planification territoriales, et où elle dirige le LaPEI, un laboratoire de projection écologique du territoire. Collaborant avec des groupes d’action locale et des organismes publics nationaux et internationaux, elle a coordonné des équipes de recherche, pour des initiatives comme la définition des plans paysagers des Pouilles et de Toscane et le projet territorial de la
région minière de Lille-Lens. Daniela Poli dirige la revue internationale d’études territorialistes Scienze del Territorio (Firenze University Press). Elle est notamment l’autrice de Formes et figures du projet local : la patrimonialisation contemporaine du territoire (Étérotopia, 2018).

« Je propose d’associer les communs avec une capacité de résistance, deréappropriation des capacités de penser et d’agir ensemble »
(Isabelle Stengers, Au temps des catastrophes, 2008)

Coordination : Antoine Devillet avec l’Assemblée des communs

09h00-10h00 : Visite commentée de l’exposition avec Sébastien Marot.
(inscriptions)

Salle SEITA
10h30 : Que reste-t-il de nos communs ?
Une conférence d’Isabelle Stengers et de Serge Gurtwirth.
Alors que les mégabassines se multiplient avec la complicité de l’État, que des milliers d’hectares de terres agricoles continuent d’être vendus aux géants de l’industrie à des prix inaccessibles aux paysan·nes, et que la réforme « systémique » de l’enseignement supérieur cache mal un vaste projet de privatisation, l’espoir et les luttes se cristallisent autour du modèle des communs. Échappant à l’opposition propriété publique/propriété privée, les communs se définissent comme des ressources partagées, entretenues et gérées par une communauté, qui assure leur pérennité tout en garantissant les droits de chaque membre. Lutter pour les communs revient donc aussi, plus largement, à défendre une cosmopolitique. À l’heure de la marchandisation généralisée, que reste-t-il de nos communs, non seulement dans la réalité de nos territoires, de nos ressources et de notre organisation du savoir, mais aussi dans nos imaginaires collectifs et nos pratiques socio-environnementales ? Dans quelle mesure ce concept ancien, aujourd’hui largement réactualisé, constitue-t-il une politique d’avenir à même de répondre aux crises démocratiques, sociales et écologiques ? Et en quoi les « nouveaux communs » diffèrent-ils de ceux d’hier ?
(inscriptions)

12h00 : Recettes d’agriculture urbaine à la carte du restaurant les grandes Tables & de la Salle des Machines

À Pillard :
14h – 18h00 : Pas de communs sans mises en commun …
Une assemblée biorégionale des communs marseillais (mise en scène prospective).
Atelier déambulé avec différents collectifs s’organisant autour de la notion de commun à Marseille. Avec les Communs de l’Alimentation, Christophe Roux (Château en santé), les États-Généraux des sols vivants, School of commons, le Collectif des Habitants Organisés du 3ème arrondissement, Foncièrement Commun.
(
inscriptions)

 

> Du lundi 24 au dimanche 30 avril au restaurant :
Les grandes Tables : Exposition “Du territoire à l’assiette” 
13h50-18h00 : Ateliers jeunes publics à la Fiche (minimum ⅚ ans)
En lien avec l’exposition, la MAV PACA propose des ateliers pédagogiques pour questionner les enfants sur les problématiques liées à la métropolisation de la planète qui entre en tension avec la crise climatique. Au cœur de l’exposition nous prendrons place entre les 4 illustrations de Martin Etienne.
Pour plus d’informations sur les ateliers proposés par la MAV PACA  :
atelier 5/7 ans
atelier 7/11 ans
dossier pédagogique la Friche
Lors de cet après-midi nous aurons d’autres jeux à disposition, coloriages, discussions, mais aussi la découverte de la frise chronologique où 5 poules se sont faufilées !
Apprendre, découvrir, partager, discuter, rigoler, créer, imaginer, …
Venez passer un bon moment avec nos deux médiatrices,
qui ont aussi animé des ateliers à la Friche les jeudis après-midi avec des scolaires.
N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations:
mediation@mavpaca.fr | 04 96 12 24 11

PRÉSENTATION DES INTERVENANT·ES

Le Collectif des habitant·es organisé·es du 3 e  arrondissement (ou CHO 3 ) est un collectif d’entraide et de lutte qui s’appuie sur le principe de la « démocratie d’interpellation ». L’objectif est de réunir un maximum de personnes subissant une injustice commune, pour créer un rapport de force avec l’entité responsable de l’injustice. Le collectif s’implique notamment dans l’accès au droit, dans la lutte contre l’habitat indigne, et dans la sécurité et l’autonomie alimentaires.

L’École des communs de l’alimentation
est un projet qui se donne pour objectifs l’interconnexion, la visibilisation et le renforcement des pratiques de transition alimentaire dans le champ des communs. Porté par B.A.BALEX, Artfactories Autres parts et Remix the Commons, ce projet se déploie à travers quatre chantiers, à Marseille, Toulouse, Montreuil et Autrans.

Les États généraux des sols vivants sont portés par un collectif en cours de constitution, qui revendique une autre politique des sols et arpente actuellement différents lieux-jalons de Marseille (vallon des Hautes Douces, Colinéo, Foresta…). La tenue des états généraux est prévue pour fin 2023, en même temps que la signature d’un plaidoyer en faveur des sols vivants et terres fertiles, que les différents acteurs et actrices déclineront et feront vivre sur le territoire marseillais.

Thomas Figuera est chercheur en droit et en architecture. Diplômé de l’École nationale supérieure d’architecture de Marseille, il a travaillé sur l’élaboration d’un commun en centre-ville d’Athènes, où il a codéveloppé un atelier de construction participatif. Actuellement en thèse, il étudie entre autres l’ex-Asilo Filangieri de Naples, un commun urbain auto-institué et auto-géré.

Serge Gutwirth est professeur à la faculté de droit et de criminologie de la Vrije Universiteit Brussel (VUB). Il a enseigné les droits de l’homme, la théorie du droit, le droit comparé et la science juridique. Il est fondateur et codirecteur du centre de recherche « Law, Science, Technology & Society » et a entrepris maintes recherches concernant le droit des technologies de l’information. Depuis quelques années, il s’intéresse en particulier à la résurgence des commons dans le paysage politique et juridique.

Sébastien Marot, philosophe de formation, est professeur HDR en histoire et culture architecturales à l’École d’architecture de la ville & des territoires Paris-Est. Il est aussi professeur invité à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, où il enseigne l’histoire de l’environnement. Délégué général de la Société française des architectes de 1986 à 2002, il est notamment l’auteur de L’Art de la mémoire, le territoire et l’architecture (Éditions de La Villette, 2010). Sébastien Marot est le commissaire de l’exposition itinérante « Taking the
Country’s Side », produite dans le cadre de la Triennale d’architecture de Lisbonne en 2019, et présentée actuellement à la Friche la Belle de Mai, jusqu’au 21 mai 2023.

Isabelle Stengers est professeure émérite de philosophie des sciences à l’université libre de Bruxelles. Elle a reçu en 1993 le grand prix de philosophie de l’Académie française. Elle est à l’origine, avec Philippe Pignarre, de la création de la maison d’édition Les Empêcheurs de penser en rond. Traductrice et grande préfacière, elle est notamment l’autrice de Au temps des catastrophes (La Découverte, 2009) et Réactiver le sens commun (La Découverte, 2020).

« Plus une société est urbaine et plus elle est nécessairement agricole. Il est ainsi évident que la ville est, qu’elle le veuille ou non, un projet agricole » (Rémi Janin, Agriculture, la révolution urbaine, 2014)

Journée organisée avec le réseau ERPS (Espace Rural Projet Spatial) des Écoles Nationales Supérieures d’Architecture, en présence des étudiants des trois écoles de l’Institut Mediterranéen de la Ville et des territoires (ENSA-Marseille, ENSP-Marseille et IUAR)

09h00-10h00 : Visite commentée de l’exposition avec Pierre Janin et Sébastien Marot. (inscriptions)

Salle SEITA
10h30 :
Comment concevoir des mondes ?
Une conversation entre Sébastien Marot et Pierre Janin.
La crise écologique et sociale que nous traversons appelle une recomposition de nos façons de faire monde. Extension urbaine illimitée, marginalisation des espaces agricoles et industrialisation continuent de détruire les milieux de vie et le tissu social. Au cœur des problématiques contemporaines se trouve donc le lien entre espaces productifs et lieux de vie et de consommation. Paysages d’une économie mondialisée, la plupart des espaces agricoles ne sont plus aucunement vecteurs d’une manière soutenable d’habiter la Terre. Comment se réapproprier alors le projet agricole pour construire, y compris en milieu urbain, des territoires plus autonomes, plus hospitaliers, plus vivants et donc plus habitables ? En quoi l’agriculture peut- elle amorcer, entretenir et réparer des paysages nourriciers qui soient aussi des cadres de vie collective conviviaux, justes et résilients ? À partir des propositions du ruralisme et de l’urbanisme agricole seront explorées différentes pistes qui engagent une transformation des systèmes agricoles tout en dessinant une autre fabrique des territoires et de nouveaux projets de société.
(
inscriptions)

12h00 : Recettes d’agriculture urbaine à la carte du restaurant les grandes Tables & de la Salle des Machines

> Du lundi 24 au dimanche 30 avril au restaurant :
Les grandes Tables : Exposition “Du territoire à l’assiette” Une installation d’images et de cartes montrant les espaces agricoles du territoire, avec : des cartographies réalisées par les étudiants de l’ENSA-M dans le cadre de l’Atlas Métropolitain, ainsi qu’une sélection d’images issues du reportage d’Edwige Lamy sur les fermes urbaines marseillaises, des travaux de Geoffroy Mathieu sur l’agriculture périurbaine, du fonds photographique du Mucem et de l’Inventaire.

Salle SEITA
L’agriculture peut-elle fonder un nouvel urbanisme ? S’orienter par le projet
Dialogues animés par Sandra Fiori (ENSA Lyon) et Frédérique Mocquet (ENSA Paris-Est), réseau ERPS.

14h-15h30 : Dessiner et projeter l’agriculture ? Dialogue entre Frédéric Bonnet (architecte, enseignant, grand prix de l’urbanisme et coordinateur du réseau ERPS), Les Marneurs, Amélie Cénet (paysagiste, chercheuse INRAE/Folléa et Gauthier), l’Atelier de l’Ours.
Les politiques agricoles sont de plus en plus déconnectées des réalités territoriales. Plutôt que de réduire l’agriculture à un secteur d’activité, ou à une simple composante du paysage, on gagnerait à l’envisager comme une façon à part entière de faire projet. C’est ce que revendiquent de plus en plus de professionnel·les de l’aménagement face aux crises en cours. Comment ces professionnel·les œuvrent-ils aujourd’hui à ce que l’agriculture se ressaisisse de la fabrique des paysages urbains et périurbains ? Que signifie concrètement réinvestir ces espaces en fonction de leurs potentialités productives et nourricières ? Comment composer à partir de l’existant et mener un travail de co-construction avec les différent·es acteur·ices du territoire ? Quels sont les leviers d’action, mais aussi les obstacles, à manœuvrer dans le cadre des politiques publiques d’aménagement ? Invitant à repenser et redessiner la ville comme un projet agronomique, architectes, urbanistes et paysagistes partagent leurs visions et leurs enseignements pratiques.
(inscriptions)

16h-17h30 : De nouveaux sillons pédagogiques Dialogue entre Eugénie Denarnaud (ENSP-Versailles), Laurent Hodebert (ENSA-M), Florence Sarano (ENSA-M, réseau ERPS), Olivier Gaudin (École de la nature et du paysage de Blois, INSA Val de Loire).
Une révolution théorique et pratique est nécessaire et urgente au sein des professions de l’aménagement. Peut-on supposer que c’est depuis les écoles d’architecture, d’urbanisme et de paysage que cette révolution advient aujourd’hui ? La thématique de l’agriculture est de plus en plus présente dans les espaces d’apprentissage du projet, à l’initiative souvent des étudiant·es eux-mêmes. Ce souci agricole traduit plus largement les préoccupations et les engagements écologiques et sociaux. Comment ce dernier déplace-t-il les pratiques du projet et de sa pédagogie ? Comment les territoires et les pratiques culturales font-ils incursion dans les écoles, font-ils école ? En portant un regard critique sur les cadres de pensée dominants qui persistent à régir l’élaboration du projet spatial et son apprentissage, des enseignant·es partagent leurs explorations pédagogiques et discutent des nouveaux sillons à creuser.

(
inscriptions)

20h00 : Repas proposé par le restaurant les Grandes Tables. Recettes d’agriculture urbaine à la carte du restaurant les grandes Tables.

Salle des Machines
18h00- 21h00 :
Sortir de la société industrielle : un siècle de luttes et de pensées pour
préparer les mondes à venir

Rencontre avec Baptiste Lanaspeze et Marin Schaffner (éditeurs et auteurs), à l’occasion du 15 e  anniversaire des éditions Wildproject. En partenariat avec la librairie La Salle des machines.

Nous vivons dans une « société industrielle » mondialisée – c’est-à-dire une société mobilisée, dans sa culture et son organisation technique, par le projet de la domination et de la « guerre contre la nature ». Pour enrayer l’extinction de la vie sur Terre, nous devons mettre en œuvre des « sociétés écologiques » : des sociétés organisées, culturellement et techniquement, de telle sorte qu’elles s’insèrent parmi les autres sociétés terrestres – en reconnaissant leur existence et en favorisant leur épanouissement.
La sortie de la société industrielle vers les sociétés écologiques est une immense entreprise collective de métamorphose, de démantèlement et de reconstruction – à la fois technique, politique et culturelle. Un projet paradoxal, qui semble à la fois impossible et incontournable.
Autour de cette question seront présentées et discutées les dix lignes de pensée et d’action de la maison d’édition pour les années à venir.

PRÉSENTATION DES INTERVENANT·ES

L’Atelier de l’Ours (Clémentine Coulon-Leblanc, Clément Daix, Héloïse Lenglet et Virgile Piercy) est un collectif de paysagistes et de designers engagé·es pour une fabrique sobre et collective des espaces de vie de demain. Depuis 2016, le collectif travaille à décloisonner les disciplines nécessaires à l’appréhension du paysage, au bénéfice d’une approche transversale et multiple de nos territoires habités.
Les Marneurs (Julien Romane, Geoffrey Clamour et Antonin Amiot) est une agence d’architecture, de paysage et d’urbanisme née en 2016 et implantée à Paris et Bruxelles. Son approche intègre les enjeux liés au changement climatique à toutes les étapes de la conception : prise en compte des ressources et des risques, construction d’un récit commun, modes de gestion et de mise en œuvre des projets. En 2022, Les Marneurs ont été lauréats du Palmarès des jeunes urbanistes, ainsi que du palmarès Les 100 qui font la ville.
Les éditions Wildproject, implantées à Marseille et fondées par Baptiste Lanaspeze, sont une maison d’édition indépendante qui a œuvré dans la décennie 2010-2020 à importer et acclimater en langue française les pensées de l’écologie. Des révolutions philosophiques aux luttes politiques, Wildproject entend désormais contribuer à la mise en œuvre des sociétés écologiques de demain.
 
Frédéric Bonnet est architecte DPLG, urbaniste et architecte-conseil de l’État, et professeur à l’école d’architecture de Saint-Étienne. Il coordonne le réseau ERPS (Espace rural et projet spatial). Il a cofondé en 2003, avec Marc Bigarnet, l’agence d’architecture, d’urbanisme et de paysage Obras, qui associe un travail très en amont, « tirant parti des problématiques climatiques et environnementales pour améliorer la qualité urbaine des projets », à une exigence sociale et programmatique et un souci de la réalisation. Il a reçu en 2014 le Grand prix de l’urbanisme.


Amélie Cénet est paysagiste-conceptrice, diplômée de l’École de la nature et du paysage INSA Centre-Val de Loire, à Blois. Chargée d’études au sein de l’agence Folléa-Gautier paysagistes-urbanistes, elle a notamment travaillé sur le plan de paysage des lisières d’Aix-Marseille-Provence Métropole. Elle mène actuellement une thèse sur les rôles des paysagistes et des méthodes de projet de paysage dans l’évolution des territoires agricoles. Ce projet se déroule en partenariat entre l’INRAE et l’agence Folléa-Gautier.

Pierre Janin est architecte DPLG et architecte-conseil de l’État. Avec son frère Rémi Janin, il a cofondé l’agence FABRIQUES Architectures Paysages, qui travaille essentiellement sur des projets et des études liés au milieu rural et à l’agriculture. L’agence est lauréate 2009-2010 des Albums des jeunes architectes et paysagistes, et lauréate 2014 du Palmarès des jeunes urbanistes. Elle a reçu en 2016 le prix spécial du jury du Grand Prix national du paysage, pour l’exploitation agricole familiale de Vernand, dans la Loire. En 2021, FABRIQUES a été récompensée du prix 40 under 40.

Eugénie Denarnaud est enseignante-chercheuse en sciences du paysage à l’École nationale supérieure de paysage de Marseille et associée au Laboratoire de recherche en projet de paysage (LAREP). Ses recherches portent sur l’exploration de la notion de frontière, de limite ou d’interstice, à travers l’étude de l’impact des circulations maritimes sur les paysages de détroit et de passage. Elle a mené ses recherches dans le détroit de Gibraltar, notamment à Tanger (Maroc), où elle a étudié la figure des jardins ordinaires urbains comme révélateurs de connaissances vernaculaires du milieu ambiant.

Olivier Gaudin, docteur en philosophie des sciences sociales, est maître de conférences à l’École de la nature et du paysage de Blois (INSA Centre-Val de Loire). Il est chercheur associé au Centre d’études des mouvements sociaux (EHESS) et chercheur rattaché à l’équipe « Dynamiques et actions territoriales et environnementales » (CITERES, UMR CNRS no 7324). Responsable éditorial de la revue Les Cahiers de l’École de Blois, corédacteur en chef de la revue en ligne Métropolitiques et rédacteur de la revue en ligne Pragmata, il a notamment codirigé l’ouvrage Les Sens du social : philosophie et sociologie (PUR, 2017).

Laurent Hodebert est architecte DPLG, urbaniste, architecte-conseil de l’État et professeur à l’École nationale supérieure d’architecture de Marseille. Il a soutenu en 2018 une thèse intitulée « Henri Prost et le projet d’architecture du sol urbain, 1910-1959 ». Il assure aujourd’hui la direction de Mélimed, un partenariat pédagogique et de recherche-action européen qui aborde la résilience des territoires des métropoles du littoral méditerranéen face aux enjeux climatiques.

Sébastien Marot, philosophe de formation, est professeur HDR en histoire et culture architecturales à l’École d’architecture de la ville & des territoires Paris-Est. Il est aussi professeur invité à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, où il enseigne l’histoire de l’environnement. Délégué général de la Société française des architectes de 1986 à 2002, il est notamment l’auteur de L’Art de la mémoire, le territoire et l’architecture (Éditions de La Villette, 2010). Sébastien Marot est le commissaire de l’exposition itinérante « Taking the Country’s Side », produite dans le cadre de la Triennale d’architecture de Lisbonne en 2019, et présentée actuellement à la Friche la Belle de Mai, jusqu’au 21 mai 2023.

Florence Sarano est architecte DPLG, urbaniste et maîtresse de conférences à l’École nationale supérieure d’architecture de Marseille, où elle co-dirige le domaine d’études « Soutenabilité et hospitalité ». Commissaire d’expositions et scénographe, elle a été responsable pendant 12 ans des expositions d’architecture à la Villa Noailles.

« Et ainsi commence l’histoire du contre-courant, de la recherche des histoires perdues pour reconstituer pas à pas un autre récit du fleuve que celui de la légende nostalgique ou du caniveau. »
(Collectif des Gammares, 2020)

 

Arpentages et conversations hors-les-murs

Des marches publiques, organisées durant la journée avec les différents partenaires et la participation des étudiants de l’IMVT :

Visite de ferme urbaine
15h00 : La Ferme Capri animée par Louis Roland 
(
inscriptions) 

11h00-15h00 : Faire “Terres communes” à la Belle de Mai : quelles dynamiques d’actions ?
Cheminant du Jardin des rails au jardin du Couvent Levat, les habitant·es, collectifs, associations y raconteront leurs expériences de gouvernance et de vies collectives. Ces narrations seront l’occasion de mettre en débat la fabrique d’espace public, d’un point de vue politique, esthétique, écologique, etc. Un grand repas collectif sera proposé par la cantine nomade de l’association En chantier.
(inscriptions)

11h00-12h30 : Atelier d’écologie urbaine, dans le cadre du projet Villes Terrestres, soutenu par Erasmus+
Salle du Geste – La Friche Belle de Mai
Au programme, présentation du projet et des 5 piliers de la Ville Terrestre et jeu de rôle pour tenter de faire de la ville écologique, une réalité !
(inscriptions)

17h30-18h30 : Visite commentée de l’exposition avec Sébastien Marot @ la Friche
(inscriptions)

19h30 : Nul homme n’est une île
une projection du film de Dominique Marchais, au cinéma le Gyptis, sur une proposition d’Image de Ville. Rencontre avec le réalisateur et conversation avec Sébastien Marot.
(inscriptions)

Image de Ville // Atelier de programmation Terrestre

Dans le cadre de sa programmation Terrestre, Image de ville a réuni un ensemble d’acteurs locaux concernés d’une manière ou d’une autre par la question écologique (acteurs culturels, associations, institutions…) et par par celle des images.  Cet espace de dialogue, de débat, de réflexion et d’initiatives collectives autour du cinéma et de sa relation à la question écologique, a pour objectif de renouveler nos regards et nos sensibilités à l’égard du vivant dont nous faisons partie. Cet exercice de pensée sensible aboutit à la programmation de films dans les salles de la région Sud.
Retrouvez la programmation à venir sur le site Image de ville.
(inscriptions)

 

> Grande marche publique #1 : de la Ferme du Collet des Comtes au Vallon des Hautes Douces, une conversation sur les luttes foncières et les imaginaires agricoles avec les Etats Généraux des Sols Vivants.

Grâce à l’aménagement du canal de Marseille, qui a permis l’irrigation des terres et le développement des cultures maraîchères, la cité phocéenne a connu l’autosuffisance alimentaire jusque dans les années 1950. Percevoir les enjeux de l’agriculture urbaine aujourd’hui nécessite de retrouver le sens de ce terroir d’avant l’urbanisation massive d’après- guerre, qui a laissé une portion congrue du territoire à l’agriculture. D’une ferme pédagogique municipale à un vieux vallon agricole en devenir, le Bureau des guides du GR2013 vous propose une balade polyphonique autour des luttes foncières et des imaginaires agricoles.
Les États généraux des sols vivants sont portés par un collectif en cours de constitution, qui revendique une autre politique des sols et arpente actuellement différents lieux-jalons de Marseille (vallon des Hautes-Douces, Colinéo, Foresta…). La tenue des états généraux est prévue pour fin 2023, en même temps que la signature d’un plaidoyer en faveur des sols vivants et terres fertiles, que les différents acteurs et actrices déclineront et feront vivre sur le territoire marseillais.
La ferme du Collet des Comtes, située dans le 12 e arrondissement, a été construite en 1855, à l’époque de la fin de l’aménagement du canal de Marseille. Rachetée par la Ville de Marseille dans les années 1980 pour être préservée d’éventuels promoteurs, elle a été transformée en ferme pédagogique municipale en 1988. 
(inscriptions)

> Premier jour des 48h de l’agriculture urbaine. 

Grande marche publique #2 : de la ZUP n°1 au parc socio-agricole de Sainte-
Marthe, une conversation sur les communs de l’alimentation et le projet urbain avec le collectif pour les communs de l’alimentation.

D’une plateforme de transit des produits agricoles à l’expérience singulière d’un ancien terroir devenu quartiers populaires, le Bureau des guides du GR2013 vous propose une balade polyphonique croisant communs de l’alimentation et projet urbain – entre parcelles agricoles rescapées et fast-food réinventé.

L’Après M est une plate-forme d’entraide et un fast-food social et solidaire des quartiers Nord de Marseille. Situé dans l’enceinte de l’ancien Mc Donald’s de Saint-Barthélemy, l’Après M est né de la solidarité d’anciens employé·es, d’associations, d’organisations syndicales et d’habitant·es des divers quartiers de Marseille, lors de la crise sanitaire de 2020.

L’École des communs de l’alimentation est un projet qui se donne pour objectifs l’interconnexion, la visibilisation et le renforcement des pratiques de transition alimentaire dans le champ des communs. Porté par l’association Remix the Commons (un espace interculturel de cocréation d’outils et de connaissances sur les communs par la recherche- action), ce projet se déploie à travers quatre chantiers, à Marseille, Toulouse, Montreuil et Autrans.
(inscriptions)

Voix d’Eau : conférence à la cascade de la Cité des Arts de la Rue. La rivière et le Bulldozer, par Matthieu Duperrex.
Une conférence organisée dans le cadre des Dimanches aux Aygalades.

Focalisée sur nos relations au « vivant », la réflexion écologique contemporaine accorde assez peu d’attention aux sédiments. Or, des modifications des sols et lits de rivières durant le Paléolithique supérieur jusqu’aux pratiques extractivistes actuelles, l’être humain n’a cessé d’affirmer sa condition géologique. Loin d’être privés de signification, les sédiments portent en eux les spectres du passé. À travers cette conférence sauvage, Matthieu Duperrex nous embarque dans une odyssée géologique et nous invite à porter attention au minéral pour retracer les histoires matérielles du ruisseau.

Matthieu Duperrex, artiste et philosophe, enseigne à l’École nationale supérieure d’architecture de Marseille. Ses travaux procèdent d’enquêtes de terrain sur des milieux anthropisés – notamment les deltas soumis à l’artificialisation – et croisent littérature, sciences humaines et arts visuels. Son approche des humanités environnementales repose sur l’anthropologie des techniques. Cofondateur du collectif Urbain, trop urbain, il est notamment l’auteur de Voyages en sol incertain (Wildproject, 2019) et La Rivière et le bulldozer (Premier Parallèle, 2022).

Ville stationnaire ou Ville émiettée ?
En interrogeant l’histoire des rapports entre architecture et agriculture, l’exposition “Prendre la clef des champs” soulève la question des évolutions possibles des villes, des périphéries et des campagnes face aux graves préoccupations environnementales, énergétiques et matérielles qui sont désormais les nôtres (ainsi qu’à leurs dimensions et conséquences sociales). Comment nos territoires sont-ils exposés, adaptés ou préparés aux évolutions ou aux bouleversements que pourraient entraîner ces défis ?

Nous en débattrons avec deux auteurs qui, chacun à leur façon ont proposé des points de vue sur l’économie des territoires contemporains, et sur les moyens de les rendre compatibles avec les limites planétaires : le sociologue Éric Charmes, analyste de l’évolution des périphéries métropolitaines, auteur de La Ville émiettée (PUF, 2011) et de La Revanche des villages (Seuil, 2019); et l’ingénieur Philippe Bihouix qui, avocat des Low Tech, a récemment publié, avec les architectes Sophie Jeantet et Clémence de Selva, La Ville stationnaire : comment mettre fin à l’étalement urbain ? (Actes Sud, 2022) qui plaide pour la “zéro artificialisation brute”.

17h30 : visite de l’exposition avec Sébastien Marot, en compagnie de Philippe Bihouix et Éric Charmes. (inscriptions)
19h00 : interventions de Éric Charmes et Philippe Bihouix, aux Grandes Tables. (inscriptions)
20h30 : apéro Mundi suivi d’une discussion avec le public, animée avec Daniel Nahon (CIRAD, CEREGE).

Cette rencontre est co-organisée avec Opera Mundi et, le Conseil de Développement de la métropole Aix-Marseille Provence dans la continuité de son avis sur la souveraineté alimentaire, ainsi que le Conseil Régional de l’Ordre des Architectes Provence-Alpes-Côte d’Azur dans le prolongement de ses positions sur le “zéro artificialisation nette” que déploie le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.

Conférence marchée proposée par le Bureau des guides et Opera Mundi. 

9h30-16h30 : Elsa Dorlin, Géo-politique autour de l’étang de berre.
Conférence marchée avec Elsa Dorlin et des habitant·es et acteur·ices des territoires traversés.
Proposée par Opera Mundi et le Bureau des guides du GR2013.

La philosophe Elsa Dorlin nous invite à repenser le soin depuis une histoire politique des sens. Dans notre expérience quotidienne en ces temps troublés, que peuvent nous dire nos sens sur l’impact du capitalisme sur nos corps ? Quels sont les corps qui sont exposés ? Comment le sont-ils ? Et quels sont les corps capables de faire entrer leurs savoirs sensibles en politique ? L’hypothèse que nous chercherons à ancrer dans cette marche est que l’histoire nous renseigne sur une entreprise de déroute de nos sens et leurs capacités à dire la toxicité de notre monde. À travers cette conversation marchée, nous porterons attention à la façon dont les vulnérabilités sont distribuées socialement et géographiquement autour de l’étang de Berre.

Cette conversation marchée fait partie de la saison de conférences et d’ateliers pluridisciplinaires d’Opera Mundi « Prendre soin ? De l’attention à la vulnérabilité des mondes » (décembre 2022-mai 2023). 

Elsa Dorlin est professeure de philosophie politique contemporaine à l’université Toulouse Jean Jaurès. Elle travaille une autre histoire des corps à travers la généalogie des rapports de pouvoir modernes. Elle a reçu la médaille de bronze du CNRS en 2009 pour ses recherches en philosophie et en épistémologie féministes. Elle est notamment l’autrice de Se défendre : une philosophie de la violence (Zones, 2017). Elle a plus récemment dirigé l’ouvrage collectif Feu ! Abécédaire des féminismes présents (Libertalia, 2021).

(inscriptions)

Le Bureau des guides et la Cité de l’Agriculture s’associent à Archipel, Opera Mundi, la Maison de l’Architecture et de la Ville (PACA) et le CAUE13, l’Institut Méditerranéen pour la Ville et les Territoires, Image de Ville, les éditions Wildproject et Parenthèses, Villes Terrestres, l’Ecole Nationale d’Architecture de Marseille, l’Ecole d’architecture de la Ville et des Territoires Paris-Est, le réseau ERPS des Écoles nationales Supérieures d’Architecture, l’École Comestible, ainsi qu’à la Friche Belle de Mai, le Gyptis, Radio Grenouille et les Grandes Tables, afin de proposer aux publics une vaste programmation d’événements durant le temps de l’exposition. 

L’événement Terres Communes associé à l’exposition est soutenu par la Caisse des Dépôts et Consignations, la Direction Régionale des Affaires Culturelles | DRAC PACA, la Ville de Marseille, l’ADEME, le Fonds Epicurien, l’Ecole Nationale Supérieure d’architecture de Marseille (ENSA-M) et la Friche la Belle de Mai.

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